Prothèse totale de genou : tout comprendre, de la décision à la guérison
Pourquoi cette opération, comment elle se déroule, et comment bien récupérer semaine après semaine. Un guide complet en langage simple, par Cyril Capela.
1. Qu’est-ce qu’une prothèse totale de genou ?
La prothèse totale de genou (PTG) consiste à remplacer les surfaces articulaires endommagées du genou — le bas du fémur, le haut du tibia, et parfois la rotule — par des pièces artificielles en métal (alliage de chrome-cobalt ou titane) et en polyéthylène (plastique médical haute densité).
La prothèse ne « remplace » pas l’ensemble du genou : les ligaments croisés, les ligaments latéraux et les tendons sont préservés ou adaptés. L’objectif est de supprimer la douleur causée par l’arthrose et de restaurer une mobilité fonctionnelle.
Plus de 150 000 PTG sont posées chaque année en France. C’est l’une des interventions chirurgicales les mieux maîtrisées, avec un taux de satisfaction à 5 ans supérieur à 85 %.
2. Pourquoi cette opération est-elle proposée ?
La PTG est recommandée lorsque l’arthrose du genou (gonarthrose) est à un stade avancé et que les traitements non chirurgicaux ne suffisent plus à soulager la douleur au quotidien.
- Douleur chronique qui limite significativement les activités quotidiennes
- Douleur présente au repos ou la nuit
- Difficulté à marcher, monter les escaliers, se lever
- Déformation progressive du genou
- Arthrose confirmée radiologiquement (grade III–IV)
- Absence d’amélioration malgré médicaments, kiné et infiltrations
La PTG n’est jamais imposée. Elle se décide avec votre chirurgien, en tenant compte de votre âge, votre état général, vos attentes et votre qualité de vie actuelle. Prenez le temps de poser toutes vos questions.
3. Se préparer avant l’opération
Bilan préopératoire
Prise de sang, ECG, radio, consultation anesthésiste. Ces examens vérifient votre aptitude à l’intervention et préparent l’équipe médicale.
Renforcement préopératoire
Des exercices de renforcement des quadriceps avant l’opération facilitent et accélèrent la rééducation post-opératoire. Demandez à votre kiné.
Aménagement du logement
Barres d’appui, chaise de douche, suppression des tapis, chambre accessible en rez-de-chaussée si possible. À préparer avant l’hospitalisation.
Aide humaine
Organisez une aide à domicile ou l’aide d’un proche pour au minimum les 2 à 4 premières semaines. Prévoyez courses et repas.
4. Le jour de l’intervention
L’opération dure en moyenne 1h à 1h30, sous anesthésie générale ou rachianesthésie (anesthésie locorégionale). Le chirurgien incise le genou, retire les surfaces articulaires abîmées, prépare les surfaces osseuses et scelle les pièces prothétiques avec ou sans ciment chirurgical.
La durée habituelle est de 3 à 5 jours. Les protocoles RAAC (Récupération Améliorée Après Chirurgie) permettent parfois une sortie dès J2 ou J3. Le premier lever se fait le lendemain de l’opération.
5. Les premiers jours à l’hôpital
Dès le lendemain de l’opération, une infirmière ou un kinésithérapeute vous aide à vous lever pour la première fois. Ce premier lever est indispensable pour prévenir la phlébite et stimuler la circulation.
- Premier lever J+1 avec aide soignante
- Marche quelques mètres avec déambulateur ou béquilles
- Début des exercices de mobilisation du pied (pompe)
- Gestion de la douleur par perfusion ou médicaments oraux
- Pose de bas de contention
- Surveillance de la cicatrice et des pansements
6. Retour à domicile : les premières semaines
Le retour à domicile est souvent la période la plus difficile moralement. Le genou est gonflé, douloureux, les nuits sont difficiles. C’est tout à fait normal. Consultez notre guide complet de récupération semaine par semaine pour des repères détaillés.
Retour à domicile — Phase la plus délicate
Gonflement et douleur importants. Béquilles indispensables. Repos, glace, jambe surélevée. Soins infirmiers à domicile pour la cicatrice.
Rééducation active
Séances de kiné régulières. Travail de flexion (objectif 90° à 6 sem.). Marche améliorée. Autonomie croissante au quotidien.
Consolidation et autonomie
Marche sans béquilles pour la majorité. Escaliers en progression. Conduite possible avec accord chirurgien.
Retour à la vie normale
Activités quotidiennes reprises. Début des activités sportives douces. Force et mobilité progressent jusqu’à 18 mois.
7. La rééducation : clé du succès
La rééducation est indispensable. Sans elle, même la meilleure prothèse n’atteindra pas son plein potentiel. Les objectifs principaux sont :
- Atteindre 90° de flexion à 6 semaines et 120° à 3 mois
- Renforcer les muscles de la cuisse (quadriceps, ischio-jambiers)
- Retrouver un schéma de marche naturel et symétrique
- Réduire le gonflement et l’inflammation résiduelle
- Reprendre confiance dans le membre opéré
Notre programme d’accompagnement 6 semaines propose une vidéo de séance hebdomadaire pour faire vos exercices correctement à domicile, en complément de votre kinésithérapeute.
8. Retour à la vie normale
Autonomie de base
Marche avec aide, gestes quotidiens possibles, autonomie dans la maison.
Marche sans béquilles
Conduite possible (accord médical). Escaliers en progression. Sorties courtes.
Vie quotidienne normale
Retour au travail possible selon le métier. Activités légères. Vie sociale.
Activités sportives douces
Natation, vélo, marche nordique. La force continue de progresser jusqu’à 18 mois.
9. Durée de vie d’une prothèse de genou
Une prothèse de genou bien posée, chez un patient qui respecte les recommandations, dure en moyenne 15 à 25 ans. Pour maximiser sa durée de vie :
- Maintenir un poids de santé (chaque kilo supplémentaire multiplie les contraintes sur l’articulation)
- Éviter les sports à fort impact (course à pied, tennis intensif, ski alpin)
- Pratiquer des activités douces régulièrement (marche, natation, vélo)
- Signaler tout signe inhabituel (douleur nouvelle, genou qui chauffe) à votre chirurgien
- Respecter les visites de contrôle programmées
Avant toute intervention chirurgicale ou dentaire, signalez à votre médecin ou dentiste que vous êtes porteur d’une prothèse articulaire. Une antibioprophylaxie peut être nécessaire pour prévenir l’infection de la prothèse.
❓ Questions fréquentes sur la PTG
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